Coût des infrastructures : « Où est-ce que ça va s’arrêter? » demande Catherine Fournier
La facture des infrastructures a explosé au Québec. En avril, la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, déplorait que le coût de remplacement d’un seul feu de circulation atteigne un million de dollars. Selon elle, le problème s’explique en partie par l’accumulation des normes et la Résultat? La capacité de payer des villes et des citoyens en souffre. La mairesse de Longueuil donne l'exemple d'un tronçon de rue de 300 mètres qui coûte 3,5 millions de dollars, ou encore d'un dos d’âne pour ralentir la circulation dont la facture est de 10 000 $. Je ne peux pas concevoir qu’on fait face à des prix aussi importants pour des choses qui semblent somme toute banales. Un autre exemple évoqué est celui de l’usine d’épuration des eaux, qui couvrira quatre villes majeures de la Rive-Sud, dont Longueuil. Si, au départ, les coûts du projet étaient estimés à 400 millions de dollars, ils grimpent aujourd’hui à 1,3 milliard. L’accumulation de normes entraîne aussi un manque de concurrence. À cette faible concurrence s’ajoute un manque d’expertise dans plusieurs domaines. Selon Catherine Fournier, le gouvernement mène la gestion des infrastructures avec l’objectif d’atteindre un Elle donne l'exemple de l’obligation d'installer des gicleurs, qui s’est imposée après la tragédie de L’Isle-Verte. Même si c’est une bonne chose, la multiplication de ces contraintes pose problème. La Ville de Longueuil s’apprête à faire l’acquisition du couvent de la congrégation des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, construit en 1740 et situé rue Saint-Charles Est. L’objectif est d’utiliser les locaux pour des organismes communautaires, Moi, ça me dérange profondément. Catherine Fournier indique qu'elle en a déjà discuté avec le premier ministre François Legault. Selon elle, la mise sur pied d’un comité ou d’une commission pourrait être une bonne voie à envisager. Je ne pense pas que, collectivement, on puisse se résigner à des coûts de construction qui explosent comme ils ont explosé dans les dernières années
, affirme la mairesse en entrevue avec Patrice Roy.lourdeur bureaucratique
. Sans construire à la va-vite
, Catherine Fournier croit qu’il serait possible de simplifier les règles et les normes de conformité afin d'accélérer la réalisation de projets et, surtout, d’en réduire les coûts.On veut respecter plusieurs facteurs, notamment environnementaux, mais clairement, on accumule différentes normes et on ne prend pas le temps de les réviser ou de faire le ménage
, explique-t-elle.On n’est pas capable d’en prendre autant
, observe celle qui a été la plus jeune élue à l'Assemblée nationale du Québec. Où est-ce que ça va s'arrêter?

Juste en raison des nouvelles normes fédérales, on parle de 300 à 400 millions de dollars supplémentaires
, lance la mairesse.Plus un projet va être complexe, moins il va y avoir de soumissionnaires intéressés
, souligne-t-elle.Si, par exemple, on a seulement deux entreprises qui font des feux de circulation [...], on ne peut pas s’étonner que les coûts soient si importants.
À la recherche du
risque zéro
risque zéro
.Il arrive des choses, on augmente les normes, puis ça finit par s’accumuler. Il ne faut pas se surprendre par la suite que les coûts partent en vrille
, affirme-t-elle.Un couvent abordable… sauf pour la rénovation
qui ont un manque criant de place
, selon la mairesse.Pour l'acquérir, on a un prix très raisonnable de 9 millions de dollars
, explique Catherine Fournier. Mais en raison des normes de la Régie du bâtiment du Québec, [...] ça va coûter environ 50 millions de dollars [pour le reconvertir].
Je veux qu’on puisse trouver des solutions concrètes, mais il faut qu’on identifie correctement les causes
, soutient-elle.Ça prend des gens qui ont l’expertise et le recul nécessaire
, affirme-t-elle.
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